Le passage vers le Cocyte : l’aide du géant Antée
Dans le Chant XXXI de L’Enfer, Dante et Virgile parviennent au bord du puits gigantesque qui descend vers le neuvième cercle, là où sont punis les traîtres. Autour de cet abîme se tiennent les géants, figures monstrueuses issues de la mythologie et des récits antiques, immobilisés comme d’immenses tours de chair. Ils représentent la violence démesurée, la rébellion contre l’ordre divin et l’orgueil titanique.
Parmi eux se trouve Antée, le seul qui ne participa pas à la révolte des géants contre les dieux de l’Olympe. Fils de Poséidon et de Gaïa, Antée possédait une force colossale, qu’il renouvelait par le contact avec sa mère la Terre. Malgré cette particularité mythologique, Dante le présente surtout comme un être puissant mais moins corrompu que les autres, ce qui explique qu’il puisse encore agir.
À la demande de Virgile, Antée se penche et prend délicatement les deux poètes dans sa main énorme pour les déposer au fond du puits, dans le cercle glacé de Cocyte. Ce moment est l’un des plus spectaculaires du poème : la petitesse des voyageurs contraste avec l’échelle titanesque du géant. Gustave Doré exploite pleinement cette tension dramatique, représentant Antée comme une masse colossale, sombre, presque sculptée dans la roche, tandis que Dante et Virgile paraissent fragiles mais déterminés.
