Le Minotaure, gardien furieux du septième cercle
Dans le Chant XII de L’Enfer, Dante et Virgile descendent vers le septième cercle, où sont punis les violents. À l’entrée de ce cercle se dresse le Minotaure, figure mythique mi-homme mi-taureau, symbole de la rage et de la violence incontrôlée. Dante le décrit comme une bête dévorée par la fureur, se mordant elle-même de rage, incapable de se maîtriser.
Lorsque le Minotaure reconnaît Dante et Virgile, il entre dans une crise de fureur. Virgile saisit alors l’occasion : pendant que la créature s’agite et perd l’équilibre, les deux poètes peuvent passer sans être empêchés. Cette scène illustre la victoire de la raison — incarnée par Virgile — sur la brutalité aveugle et l’instinct déchaîné.
Dante, en reprenant un mythe antique très connu, transforme le Minotaure en un symbole moral : non plus seulement le monstre du labyrinthe, mais l’image même de la violence autodestructrice, qui se retourne contre elle-même. La gravure de Gustave Doré met en valeur cette dimension tragique en représentant un être puissant, tourmenté, presque victime de sa propre rage.
